Rapport Filigran : les organisations voient leurs menaces mais n’agissent pas assez vite — 84 % affirment que les cyberattaques exploitent des risques connus mais non priorisés

- Le State of Threat Management Report révèle que la fragmentation des outils et les processus manuels creusent l’écart entre la connaissance des menaces et un CTEM efficace
- Seules 41 % des organisations disposent d’une vue totalement consolidée de leur exposition au risque cyber ; les équipes de sécurité passent 42 % de leur temps à investiguer des risques qui s’avèrent de faible priorité ou non exploitables
- Les processus CTEM pilotés par l’IA devraient presque doubler — de 37 % à 59 % — d’ici deux ans ; 88 % s’accordent à dire que l’automatisation est essentielle pour suivre le volume croissant de risques

PARIS — 30 juin 2026 — Filigran, l’entreprise européenne open source de gestion des menaces, publie aujourd’hui le State of Threat Management Report, une étude mondiale menée auprès de 550 décideurs et praticiens de la sécurité par le cabinet de recherche indépendant Vanson Bourne. L’étude révèle un décalage frappant : alors même que le Continuous Threat Exposure Management (CTEM) s’impose comme cadre de référence du secteur, la maturité opérationnelle nécessaire pour l’exécuter reste hors de portée.
Le rapport identifie un « exposure gap » : la distance entre savoir où se trouvent les menaces et disposer de la maturité CTEM pour les prioriser et les remédier en continu. Malgré le déploiement de 14 flux de renseignement sur les menaces en moyenne, 61 % des organisations disent ne pas pouvoir déterminer quelles vulnérabilités sont les plus susceptibles d’être exploitées dans des attaques réelles. Seules 38 % utilisent le renseignement sur les menaces au sein d’un processus de validation continu et entièrement automatisé. Les équipes de sécurité passent en moyenne 42 % de leur temps à investiguer des risques qui s’avèrent ensuite de faible priorité ou non exploitables.
« La visibilité n’est pas le problème. C’est que les équipes peinent à traduire cette visibilité en action assez vite, » déclare Julien Richard, cofondateur de Filigran. « Les organisations croulent sous les données de menaces provenant de dizaines de flux et d’outils. Sans validation continue et priorisation intelligente, ces données créent du bruit plutôt que de la clarté. Combler l’exposure gap exige de connecter directement le renseignement sur les menaces à la validation de l’exposition et à la réduction du risque dans un workflow continu. »
Une visibilité qui reste fragmentée
Les lourds investissements dans l’outillage de sécurité n’ont pas produit de vue unifiée de l’exposition. Seules 41 % des organisations font état d’une consolidation complète de la visibilité sur le risque cyber, et l’écart est particulièrement prononcé hors d’Amérique du Nord, où les organisations accusent environ 20 points de retard à la fois sur la visibilité consolidée et sur la validation automatisée continue. Près de 9 répondants sur 10 s’accordent à dire que le renseignement sur les menaces seul ne réduit pas le risque s’il n’est pas continuellement validé au regard de l’exposition réelle.
Des maturités régionales fortement divergentes
L’écart de maturité n’est pas uniformément réparti. Pour les organisations multinationales, la fracture régionale fonctionne comme une carte des risques : une intrusion a le plus de chances de survenir là où l’écart opérationnel est le plus large.
Les organisations nord-américaines affichent la plus forte maturité opérationnelle au monde, avec 52 % disposant d’une vue totalement consolidée de leur exposition au risque cyber — contre une moyenne mondiale de 41 % — et 51 % utilisant le renseignement sur les menaces dans un processus de validation continu et automatisé. Les États-Unis mènent spécifiquement tous les pays étudiés en matière d’adoption de programmes CTEM, 58 % déclarant un programme pleinement établi, bien que les organisations américaines soient aussi parmi les plus susceptibles de citer l’escalade de la fréquence des attaques comme principal moteur d’investissement.
L’EMEA se situe au milieu de la courbe mondiale, avec 37 % faisant état d’une vue totalement consolidée de l’exposition et 35 % utilisant la validation continue et automatisée. L’APAC affiche l’écart le plus large : seulement 31 % disposent d’une vue totalement consolidée, et seulement 27 % utilisent la validation continue et automatisée — environ la moitié du taux nord-américain.
L’Allemagne est l’exception la plus nette au schéma régional. À 58 %, elle mène tous les pays étudiés en matière d’adoption de la validation automatisée, et le dividende est visible : les équipes de sécurité allemandes déclarent ne perdre que 27 % de leur temps sur des risques de faible priorité ou non exploitables, contre 42 % en moyenne mondiale — preuve que combler l’écart d’automatisation rend du temps réel aux équipes de sécurité, au-delà de la seule réduction du risque.
Les processus manuels créent un goulet d’étranglement de la priorisation
Alors que 88 % des répondants reconnaissent que les évaluations périodiques ne peuvent pas suivre la vitesse d’évolution de leurs environnements, près de la moitié s’appuient encore totalement ou majoritairement sur des processus manuels pour l’identification des vulnérabilités et l’analyse des menaces.
Ce goulet d’étranglement a des conséquences réelles : 84 % s’accordent à dire que les cyberattaques exploitent des risques connus mais non priorisés. Les principaux freins à la validation de l’exploitabilité des menaces incluent la crainte de perturber les systèmes (49 %), un effort manuel excessif (46 %) et une mauvaise intégration avec les processus de sécurité existants (42 %). Le bruit des alertes aggrave le problème — 89 % disent que le réduire aiderait à identifier quelles alertes représentent un risque métier réel.
« Cette étude quantifie un défi que les praticiens de la sécurité vivent depuis des années, » déclare Neena Sharma, Head of Customer and Product Marketing chez Filigran. « Le secteur a beaucoup investi dans la détection et le renseignement, mais sans validation continue ni priorisation, les organisations restent réactives. Ces conclusions renforcent la raison pour laquelle nous construisons la plateforme XTM : donner aux équipes de sécurité le pont opérationnel de la connaissance à l’action. »
L’IA et l’automatisation s’imposent comme la voie vers un CTEM opérationnel
88 % des équipes de sécurité s’accordent à dire que sans davantage d’automatisation, elles ne peuvent pas suivre le volume de risques à évaluer. Mais l’adoption de l’IA dans la gestion de l’exposition s’accélère : actuellement, 37 % des processus de gestion de l’exposition sont pilotés par l’IA, et les répondants s’attendent à ce que ce chiffre atteigne 59 % d’ici deux ans.
Si 95 % des organisations conviennent qu’une plus grande automatisation renforcerait leur confiance dans le fait que les équipes se concentrent sur les risques les plus importants, seules 38 % ont mis en place une validation continue et automatisée.
Les domaines qui bénéficieraient le plus de l’IA et de l’automatisation selon les répondants sont la détection des vulnérabilités, des mauvaises configurations et des expositions (59 %) ; la compréhension des menaces pertinentes pour leur environnement spécifique (56 %) ; et la validation de l’exploitabilité réaliste des expositions (54 %).
Au cours des 12 à 24 prochains mois, les trois quarts des organisations prévoient d’investir à la fois dans des outils de quantification du risque cyber et dans des capacités d’évaluation de l’exposition. L’urgence est claire : 93 % conviennent que retarder l’amélioration de leur gestion du risque cyber augmente la probabilité d’incidents graves, et 94 % disent qu’une posture de cybersécurité proactive en 2026 dépendra de l’intégration du renseignement sur les menaces à la gestion de l’exposition.
Le rapport complet est disponible ici.
À propos de l’enquête
Le State of Threat Management Report s’appuie sur une enquête menée auprès de 550 décideurs et praticiens seniors de la sécurité informatique dans des organisations de plus de 1 000 employés, dans les services financiers, la santé, l’énergie, le secteur public, l’IT et la technologie, et la distribution. L’étude a été conduite par Vanson Bourne entre février et mars 2026 aux États-Unis, au Canada, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Australie, à Singapour, au Japon et aux Émirats arabes unis.
À propos de Filigran
Filigran, entreprise de cybersécurité, propose une approche open source, dopée à l’IA et informée par la menace du Continuous Threat Exposure Management (CTEM). Sa plateforme eXtended Threat Management (XTM) fournit le renseignement sur les menaces, la validation de l’exposition et la réduction du risque cyber. En savoir plus : Site web – Blog – LinkedIn – X
FAQ
Comment savoir si mon équipe de sécurité passe du temps sur les mauvais risques ?
Le rapport révèle que les équipes de sécurité passent en moyenne 42 % de leur temps à investiguer des risques qui s’avèrent de faible priorité ou non exploitables. Près de la moitié de leurs heures de travail sont consumées par le bruit. Le problème est aggravé par la fragmentation de l’outillage : les organisations déploient en moyenne 14 flux de renseignement sur les menaces, mais seules 38 % injectent ce renseignement dans un processus de validation continu et automatisé. Sans cette boucle, les analystes prennent des décisions de priorisation sans certitude sur les risques réellement exploitables dans leur environnement. Les 89 % de répondants qui affirment que réduire le bruit des alertes aiderait à identifier plus vite le risque métier réel pointent le même problème de fond : le signal existe, mais il est enfoui.
Qu’est-ce qui empêche les organisations d’automatiser plus vite la gestion de l’exposition ?
Trois freins ressortent. Près de la moitié des répondants (49 %) citent la crainte de perturber les systèmes de production pendant la validation. Cette peur légitime conduit souvent les équipes à différer les tests plutôt que de risquer une panne. 46 % pointent un effort manuel excessif, et 42 % disent que la mauvaise intégration entre les outils de sécurité existants rend difficile la validation des menaces en contexte. Les intentions d’investissement suggèrent que les organisations reconnaissent le problème : 76 % prévoient d’investir dans la quantification du risque cyber et les outils GRC, et 75 % dans les capacités d’évaluation de l’exposition au cours des 12 à 24 prochains mois. Les organisations savent ce qu’elles doivent faire. Le défi consiste à remplacer des années de processus manuels par des workflows continus et automatisés tout en maintenant les systèmes de production en fonctionnement.
Investir dans un programme CTEM améliore-t-il réellement les résultats de sécurité ?
Les données suggèrent que oui. Les organisations dotées de programmes CTEM pleinement établis sont quatre fois plus susceptibles de faire état d’une vue totalement consolidée de leur exposition au risque cyber et 3,5 fois plus susceptibles d’utiliser une validation continue et automatisée du renseignement sur les menaces. En pratique, cela signifie que ces organisations testent activement si leurs défenses tiennent face à des menaces réelles, plutôt que de s’appuyer sur des évaluations périodiques qui deviennent vite obsolètes. La corrélation est claire : les organisations qui se sont engagées dans le CTEM comme cadre opérationnel, et non comme simple aspiration stratégique, sont mesurablement en avance sur les capacités que le reste de l’enquête identifie comme les plus urgentes.
Contact médias
Treble
Adam Cormier
filigran@treblepr.com
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